(Interview du 10 avril 2006) :

La saison s'étant achevée sur la troisième place de l'équipe première aux playoffs de Division 1, nous avons voulu faire le bilan de 4 années du club avec son Président : Marc Fornaguera. Bien sûr, un bilan de 4 années ne peut se résumer en 2 pages car nous avons essayé d’aborder tous les points qui nous touchent dans la pratique de notre sport.

Marc Fornaguera comme beaucoup de gens de la région n'est pas originaire de celle-ci. Il vient de Marseille, c'est vrai qu'on ne le clame pas sur les toits à part à Marseille. Non je n’ai rien contre les Marseillais, ma grand-mère était de Marseille. Il s'est installé à Pérols il y a 23 ans. Il a découvert le hockey grâce à Yann qui a commencé à pratiquer à l'âge de 7 ans à la patinoire du Lunaret. Il a vécu au Canada où plusieurs de ses amis pratiquaient le hockey mais cela ne l'a pas accroché car il trouvait cela vraiment violent (le championnat nord américain est beaucoup plus physique que le championnat européen plus technique). Ce n'est pas non plus parce que son fils a pratiqué dans plusieurs clubs (Montpellier, Nîmes, Gap, Montréal...) que Marc s'est impliqué dans la vie d'un club, sauf brièvement à Nîmes.

Par contre, son envie de participer à la vie d’un club a changé lorsque Yann est rentré du Canada pour travailler et qu’il a rejoint l’équipe des Krakens (le nom de l’époque) pour continuer son sport tout en construisant une vie professionnelle à côté. Un tournoi final de division 3 à Grenoble, pour lequel Pascal Ryser, déjà dans le Club, avait réussi à qualifier Montpellier, et où les dirigeants de l’époque avaient déserté la patinoire après une première défaite, l’a décidé à donner un coup de main au club. Malheureusement, le club de Montpellier de l'époque était arrivé à son terme suite à de nombreux problèmes, la situation était si mauvaise qu’ il y eut dépôt de bilan et liquidation de l’ancien Club.

Avec d’autres, dont sa femme Michèle et certains anciens des Krakens ils ont donc recréé un club en août 2002 en partant de zéro. C'est depuis cette période que Marc s'est totalement investi dans le club.

Il faut dire que Végapolis avait ouvert un an auparavant et que cette infrastructure moderne procurait un meilleur lieu pour la pratique des sports de glace (on n'y croise pas des rats dans les vestiaires contrairement à la patinoire 'mythique' du Lunaret). Depuis la création du club, l'équipe dirigeante a oeuvré pour développer l'esprit hockey à Montpellier.

L'ancien club n'était pas médiatisé, même encore maintenant, tous les Montpelliérains ne savent pas qu'il existe une équipe de hockey à Montpellier.

Nous avons voulu savoir ce que représentait l'esprit hockey pour Marc. Pour lui, ce n'est pas simplement l'équipe première même si elle apporte beaucoup au club. L'esprit hockey c’est plusieurs choses :

C’est bien sûr donner l'envie de jouer à des jeunes pour qu'ils s'inscrivent dans le cadre de futures compétitions,
C’est savoir accepter que des gens puissent pratiquer ce sport dans de bonnes conditions sans nécessairement pratiquer la compétition (loisir/loisir débutant),
C’est apporter aux non pratiquants des matchs de qualité pour qu'ils aient envie de revenir en voir d'autres,
C’est donner à des sponsors quels qu'ils soient l'envie d'aider le club à se développer.

Bien sûr l'équipe première avec son parcours et ses résultats a amené l'envie chez les jeunes de jouer et a amené des partenaires financiers. De beaux matchs ont amené de nouveaux pratiquants : des jeunes qui ont envie de s'essayer à ce sport, mais aussi des moins jeunes qui veulent le pratiquer en loisir.

Cette équipe a acquis une reconnaissance et pas simplement dans les médias où le nom des Vipers apparaît fréquemment. Le milieu sportif montpelliérain (les institutions, les collectivités territoriales...) considèrent le hockey comme un sport émergent en plein développement.

Evidemment, en tant que pratiquant, nous avons insisté sur la différence de mentalité entre ceux qui ont choisi la compétition et ceux qui pratiquent en loisir. Marc nous a répondu tout net. Il doit y avoir une cohabitation et non pas une opposition. Le rôle du président est de réussir à faire converger toutes les énergies dans le sens du développement de l'esprit hockey. Toutes les composantes méritent attention pour que toutes se développent harmonieusement.

Nous en sommes venu tout naturellement à parler de la 3ème place de Montpellier sur le podium de la D1. Marc en est très fier pour le Club. 3 coupes en 4 saisons c'est exceptionnel. Surtout que gagner ce n'est pas quelque chose de naturel, il est tellement facile de perdre, de lâcher l’affaire.. ! Pour gagner il faut énormément de volonté et d'enthousiasme. Le club en ayant beaucoup, cela commence à se traduire par des victoires et pas simplement en équipe première. Toutes les composantes compétition du club sont dans la même dynamique.

L'autre fierté de Marc est d'être arrivé à ce résultat sans avoir de problème financier alors que le club est récent. La plupart du temps, on peut arriver à gagner mais au terme de problèmes financiers dus aux coûts induits (joueurs, équipements, fonctionnement...). Pour garantir ce sérieux financier auprès de tous, le club s’est doté d’un statut fiscal et présente ses comptes comme ceux d’une entreprise.. Les sponsors et la billetterie ne sont pas les seuls à garantir l'équilibre financier. La hausse des adhérents qui est régulière depuis 4 ans y joue aussi son rôle.

Nous interrogeons Marc sur le problème engendré par l'augmentation du nombre de pratiquants qu'ils soient jeunes, moins jeunes ou carrément vieux (enfin pas trop quand même). Les heures de glace ne sont pas extensibles. Il nous indique que c'est le rôle du Comité Directeur de gérer cela en fonction des heures qui sont allouées au club. Qui n'a pas entendu dans son entourage ou n'a pas pensé :'ohhh c'est déjà fini, il nous faudrait une heure supplémentaire...'. Marc reconnaît que dans une saison, il y a des moments où il y a saturation des heures de glace. Le hockey n'est qu'une composante des utilisateurs de Végapolis, au même titre que le patinage artistique, que l'école de glace ou que les heures d'ouverture au public. Le temps n'étant pas extensible, tout le monde doit y trouver son compte. A ce niveau ce sont les élus qui décident, le club ne peut que proposer et c'est ce qu'il est en train de faire pour que de nouvelles conventions d'utilisation soient votées. Par contre la décision finale n'est pas du ressort du club.

Toujours par rapport à l'équipe première, nous parlons de l'enthousiasme des spectateurs. Marc nous indique que le hockey est le 2 ème sport en salle de Montpellier. Les gens viennent et payent car ils ont trouvé un beau spectacle, ils trouvent donc un intérêt à venir. Le club ne veut pas rentrer dans le travers des invitations à gogo pour remplir la patinoire.

Nous enchaînons sur la crédibilité du hockey Montpelliérain. Il nous indique qu'auparavant parler de Montpellier dans le hockey français faisait sourire ou laissait indifférent. Ce n'est plus le cas maintenant nous dit il avec fierté. La preuve en est que Marc a été sollicité par la future nouvelle fédération de hockey pour en faire partie afin de constituer la nouvelle équipe dirigeante à partir du 29 avril. Le travail du club est donc maintenant reconnu au niveau national. Il nous dit que c'est son approche globale qui lui a permis d'avoir cette proposition car il n'a jamais voulu en avoir une simple vision catégorielle (cette vision qui a conduit certains clubs par le passé dans une impasse avec les fameux clubs de parents ou avec ceux uniquement dédiés à une équipe première) et qu’il a pu convaincre que traiter le hockey comme un spectacle sportif était la solution qu’il fallait à Montpellier pour le faire exister. Il pense que la volonté de capter le club pour le mettre au profit d'un groupe (équipe première, mineur, loisir) est néfaste au bon développement du club. Même si la démarche est humaine et souvent inconsciente, il faut essayer de minorer ces tentations.

Toujours en rapport avec la crédibilité du MAHC, Marc parle de l'attractivité du club pour les gens de l'extérieur. En effet, le club, en plein milieu de saison a été capable de faire venir un très bon entraîneur ce qui prouve encore la reconnaissance du travail effectué au sein du club et la confiance qui lui est faite. De la même façon, le club a réussi à faire venir, il y a deux saisons, Patrick Pommier, un jeune entraîneur passionné. Bien sûr cela n'exclue pas que des erreurs soient commises, surtout des erreurs de jeunesse car lui comme le Club sont jeunes, mais les erreurs nous permettent de progresser.

Nous l'interrogeons sur les erreurs et problèmes rencontrés durant l'année.

Bien entendu il y a eu le départ de Pascal Ryser en cours de saison. Sur ce point nous demandons une clarification. Tout d'abord Marc tient à souligner l'excellent travail que Pascal a fait au sein du club. Il a été le moteur de la montée de l'équipe en D1. Mais il nous dit aussi que tout ce travail, tous ces sacrifices, tout ce stress ont usé Pascal. Lors d'un match il a craqué en annonçant devant tout le monde (sponsors, officiels, joueurs) qu'il laissait tout tomber. Autant ce genre de déclaration faite en privé peut se rattraper autant là ce n'était pas possible ayant perdu toute crédibilité devant trop de monde. Suite à cela une réunion du comité directeur et des joueurs a conduit à un vote qui a officialisé son départ même s'il regrettait sa déclaration.

Marc nous a aussi abordé le problème du bénévolat. Les gens peuvent partir quand bon leur semble sans nécessairement se préoccuper de ce qui va arriver. Cela peut entraîner de nombreux soucis pour un club à ce niveau. Mais quelles sont donc les solutions ? Il faut éviter que le bénévole croule sous les responsabilités ce qui peut amener une lassitude et entraîner le départ de la personne. Il faut aussi réfléchir avant de s’engager et savoir aller jusqu’au bout. Il faut aussi savoir déléguer les taches essentielles à des personnes rémunérées.

Un autre problème est survenu durant l'année, la variation des effectifs des jeunes. Que s'est il passé ? Avant la saison, il y a eu une vague de départs car ils ne trouvaient pas vraiment leur compte dans leur façon de pratiquer le hockey. Tout le monde n'est pas au même niveau mais le devoir d'un club est de gérer les attentes des joueurs et aussi leurs niveaux en faisant accepter à chacun le sien et en lui donnant l’envie de progresser. Marc regrette que le club n'ait pas su donner à ses jeunes la possibilité de mieux s'exprimer en donnant par exemple un championnat spécifique selon son niveau. Ce qui sera peut être le cas avec la réorganisation fédérale. De même, le gros défi est de réussir l’intégration en équipe des nouveaux dans les petites catégories (moustiques, poussins) même si c’est parfois au prix de résultats un peu plus moyens. Cela évite que les effectifs soient réduits lorsque arrive le temps de composer une équipe de catégorie supérieure.

Après ce bilan assez complet, nous aimerions avoir un peu plus d'informations quant au fonctionnement du club. En effet comme la majorité des licenciés, nous connaissons le nom du Président, nous savons qu'il y a un bureau mais nous ne savons pas vraiment comment tout cela fonctionne.

Tout d'abord, l'association a des statuts et un règlement intérieur qui sert de base à son fonctionnement.

L'association a un comité directeur qui dirige le club, ce comité est composé de 15 membres élus. C'est ce comité qui décide des orientations du club et de tout ce qui se fait dans le club en se prononçant sur les propositions de n’importe lequel des membres, président ou autres membres. Au-dessus de ce comité, il y a un exécutif plus restreint qui met en oeuvre les décisions prises. Bien entendu vous vous demandez ce qu'est cet exécutif, nous aussi. C'est ce qu'on appelle le Bureau du club qui est constitué d'un Président élu par le comité directeur et ce chaque année. Il y a un vice-président qui assiste le Président, un trésorier qui gère la partie financière ainsi qu'un secrétaire général qui veille à l'organisation administrative et à la conformité des procédures.

Chaque année, un tiers des membres du comité directeur est renouvelé lors d'élection qui ont lieu lors de l'assemblée générale. Cela implique donc qu'au bout de 3 ans, les membres doivent se représenter (s'ils le souhaitent) pour être ou ne pas être réélus. Après l'élection des nouveaux membres du comité directeur, celui-ci se réunit pour élire un nouveau bureau. Pour la première fois depuis la création du club, le Président en exercice va se présenter en assemblée générale pour sa réélection. Lors de notre interview mais je pense que ce n'est pas vraiment un scoop, Marc a clairement déclaré qu'il était candidat à sa succession afin de poursuivre la politique qu'il a engagé, avec un projet complet pour le Club.

Ayant entendu parler de départ de membre du Comité Directeur en cours d’année nous avons voulu savoir comment les choses se passaient. Effectivement quand une personne part elle est remplacée par un autre membre qui est coopté par le comité directeur. Ce dernier doit être confirmé lors de l'assemblée générale afin d'intégrer définitivement le comité directeur en plus du vote de renouvellement de 5 de ses membres.

Qui dit élection dit électeur. Nous demandons donc qui peut voter dans le club ? Les règles sont simples : tout licencié ayant au moins 16 ans le jour du vote peut le faire. Pour les jeunes de moins de 16 ans (qui représentent environ 60 % des licenciés), les parents peuvent les représenter s'ils sont membres bienfaiteurs du club en s'acquittant d'une cotisation de 10 euros (inscription à l’accueil, au moins 16 jours pleins avant l’Assemblée générale) Lors de cette assemblée générale sont aussi élus des représentants de parents d'enfants du hockey mineur qui auront une voix consultative au comité directeur. Ils seront ainsi chargés de faire valoir leur point de vue.

Y a t il un autre projet que celui de Marc qui sera présenté ? Il nous indique que pour l'heure actuelle, le comité directeur n'a pas eu connaissance d'un autre projet construit. Si autre projet il y a, il devra être présenté lors de la prochaine assemblée générale.

Il nous a indiqué aussi qu'il avait eu connaissance que d’autres membres aimeraient se présenter à l’élection et qu’il s’en félicite. L’intérêt à s’investir pour un club sain et qui marche bien est naturel. Mais il insiste sur le fait qu'un projet alternatif doit être complet et englober les différentes parties qui composent le Hockey et pas la captation au profit d’une des composantes .Il est nécessaire pour ne pas perdre toute crédibilité (si rapide à défaire) vis à vis des partenaires, licenciés, public et sponsors. Les candidatures de personnes sont les bienvenues pour construire selon un schéma cohérent, sinon, c’est l’incohérence, les luttes d’influence qui prévalent et détruisent tout. Nous évoquons la possibilité d'un débat par l'intermédiaire du site et aussi d'une interview d’une personne présentant un autre projet. Il nous explique que le débat l’enchante déjà et qu’il y est tout à fait favorable, au besoin à travers un chat sur le site web. Marc nous explique aussi qu’un débat a un effet bénéfique sur le club puisqu'il oblige les gens à se mobiliser autours d'un projet, cela oblige les uns et les autres à se remettre en question. Compte tenu de la situation particulière de cette année, Marc explique que la saison sera de toutes façons préparée à temps (les recrutements se font maintenant). Pour le faire l’esprit tranquille, il a demandé au comité Directeur, de lui renouveler sa confiance avant de s’engager jusqu’à l’Assemblée Générale. Ce qui a été fait par 8 voix pour, hormis la sienne, 2 absents. 4 membres n’ont pas pris part au vote expliquant que pour eux le président était légitime jusqu’à l’assemblée et qu’il pouvait valablement engager le Club

Puisque nous parlons de projet, autant l'évoquer maintenant. Nous sentons que Marc va être intarissable.

En résumé, quels sont les atouts du club ? Le club a toutes les cartes en main, il est reconnu, avec une bonne image dans le public, il a des partenaires qui le suivent et un très bon environnement ; Odysseum. Des effectifs dans toutes les catégories, une équipe première avec un solide noyau, une gestion sérieuse ainsi qu’un outil performant, Végapolis, dirigé par 2 anciens joueurs de hockey.

Et au niveau développement ?

Pour le hockey mineur, le club a un entraîneur passionné auquel on va donner plus de moyens pour qu'il puisse assurer sa mission dans les meilleures conditions. Marc veut absolument garder Patrick Pommier qu'il considère avoir toutes les qualités pour devenir un très bon entraîneur si on lui rend son autonomie au plan sportif et qu’on l’aide. Pour améliorer le fonctionnement et redéfinir une politique, un groupe de travail va être constitué avec pour l’animer, l'entraîneur, Patrick Jean Pierre l'actuel responsable du hockey mineur et Marc lui même. S'ajouteront les représentants des catégories mineures, un responsable du recrutement des très jeunes, et des représentants des loisirs qui ont une autre vision du hockey puisqu'elle n'est pas basée sur la compétition. Tous les problèmes seront discutés et notamment les heures d'entraînement, la politique sportive, l'encadrement (il y a eu des soucis cette année).

Parlons maintenant de l'équipe première. Marc nous explique que l'équipe est constituée de jeunes joueurs qui sacrifient beaucoup de choses à leur passion. Les salaires sont très faibles (masse salariale incluant salaire, charges sociales, voyages et logement : 134 000 euros pour la saison et plus de 20 joueurs) beaucoup travaillent en dehors. Après leur journée de travail (pour la plupart, car certains ne font que du Hockey) ils viennent s'entraîner et faire des matchs avec le risque de se faire mal et de devoir interrompre leurs activités professionnelles. Ce noyau qui s’est formé est un très bel exemple pour le club, une richesse, et c'est ce groupe que vient voir aussi le public. Il y a 4 ans, le club avait un budget total de 120 000 euros, aujourd'hui il a 500 000 euros et ceci est le résultat de l'équipe première qui a généré plus de partenariats plus de subventions plus de licenciés.

Beaucoup de gens se demandent la place des jeunes formés à Montpellier dans l'équipe première, qu'en est-il ? Pour la prochaine saison, il y aura 2 jeunes de Montpellier : Romain Cerneau et Jason Crossman. Un autre jeune venant de Rouen pour ses études intègrera l'effectif (Germain Raimbourg). S'est aussi posé la création d'un centre de formation, mais compte tenu de la disponibilité des heures de glace, c'est pour l’instant totalement illusoire. Par contre, il faut trouver les moyens de développer ces jeunes sans centre de formation, il faut être inventifs, c’est aussi le rôle du groupe de travail. Le niveau des jeunes du club est maintenant reconnu pour preuve le niveau de plus en plus relevé des poules sportives auxquelles ils participent. Pour avoir plus que 2 ou 3 bons éléments, il faut un plus grands nombre de jeunes qui pratiquent car au fil des ans beaucoup partent du fait des contraintes (argent, déplacement, découragement) ou tout simplement de la naissance d’autres pôles d’intérêt. On a le bon environnement pour un centre de formation, il ne manque que les heures de glace. On va donc montrer tout d'abord ce que l'on est capable de faire en l'état et selon on verra ce qu'il convient de proposer.

La question de la ligue Magnus a aussi été évoquée durant les débuts des playoffs. Qu'en pense Marc ? Le but du club est bien de monter en Magnus, cela fait partie de la politique de développement. Il nous dit que le débat existe depuis le début du club et qu'il s'est posé à chaque changement de division. C'est un sujet qui 'énerve' Marc car le but affiché est de progresser, pas de régresser, la progression passe évidemment par la ligue Magnus. Si le club monte, on cherchera les crédits pour faire et si on ne trouve pas l'argent on ne montera pas, mais il ne faut pas se poser de question avant. Le vrai problème de la ligue Magnus c'est d'y monter sportivement (nous ne sommes pas les seuls à le vouloir), il ne s'agit pas d'aller acheter un dossier, ce n'est pas vendable auprès des sponsors. Quant au reste, l’organisation autour des matchs et les compétences des dirigeants, la moitié de la ligue Magnus nous envie déjà, car aussi perfectibles soient ils, beaucoup de Clubs n’en ont même pas la moitié.

Et en Magnus on fera quoi ? On fera comme on a fait dans les autres divisions, on n'y sera pas pour faire de la figuration.

Le problème du bénévolat a été aussi évoqué. Que proposez vous pour pallier à cela? Marc propose une professionnalisation du club. Il désire qu'il y ait une base solide et permanente pour la gestion des partenaires ainsi que pour le côté administratif du club. Pour cela il y a des contacts avec une jeune société Montpelliéraine qui prendrait en charge la partie animation, communication, organisation et relation avec les partenaires. C'est une société dont c'est le travail. Bien entendu, le club aura un droit de regard et de contrôle sur les démarches entreprises par cette société. Cette solution évacue le problème des bénévoles surchargés. C’est un simple problème d’équilibre comptable, le club y est habitué. Au niveau administratif, il nous explique qu'actuellement toute la comptabilité et tout l’administratif est fait par des bénévoles et c’est un énorme travail. Marc nous explique qu'un bénévole ne peut se charger de cela en permanence, il y a un moment où un employé doit prendre cette tâche en charge. Il faut donc doter le club d'un poste administratif réel rémunéré.

Nous revenons sur le côté sportif du club et demandons comment vont s'organiser les entraînements pour l'année prochaine puisque P Ryser est parti au niveau de la D1.

Marc nous explique que Patrick Pommier va rester dans son poste et qu'il va développer activement le mineur et le loisir. Il n'y a pas besoin d'un autre entraîneur pour le chapeauter. Simplement le club va l'aider et lui donner les moyens de faire un bon enseignement. Il faut pour cela nettoyer le règlement intérieur, ce qui fait partie du projet de Marc.

Nous avons aussi, durant l’année, constaté que la relations parents/entraîneur était difficile à gérer. Marc nous confirme que l’entraîneur doit être indépendant des avis des parents et nous raconte une anecdote qu’il a vécu au Québec lors des camps de sélection pour jeunes (les enjeux sont autrement plus importants qu’en France puisque l’on peut devenir un professionnel du hockey là-bas). Un jeune qui ne se sentait visiblement pas reconnu par les entraîneurs chargés de retrancher les joueurs du groupe final qui constituerait l’équipe, se plaignait auprès de son père de l’attitude de ses entraîneurs. Le papa au bout d’un moment lui répondit :’tais toi et joue’. Le père n’intervenait pas dans la décision des entraîneurs, ne les jugeait pas devant son fils, c’est la bonne logique car sur la glace l’entraîneur est roi.

Pour l'équipe première, il faut un entraîneur qui soit respecté par les joueurs. Il faut donc recruter quelqu'un qui a fait ses preuves. La saison écoulée, Lionel Bilbao a géré l'intérim entre Pascal Ryser et Hans Baumann, mais ce n'était pas suffisant et Marc tenait à ce que les joueurs déjà assez perturbés aient un entraîneur très vite. Mais il a découvert à cette occasion l’envie du capitaine. Lionel est passionné par l'encadrement, il pourra donc à terme s'occuper de la première équipe. C’est une tendance générale dans le Hockey français explique Marc, les joueurs se reconvertissent avec souvent un certain bonheur, (Stéphane Barin, Denis Pérez, Franck Pajonkowski…) Lionel va rester à Montpellier, il est titulaire du brevet d’état et a travaillé à Mulhouse avec C.Eriksson (le coach des scorpions de Mulhouse) mais il doit être préparé pour devenir un entraîneur de qualité. Marc pense qu’à terme une solution « montpelliéraine » doit exister. Il va donc faire encore appel à un entraîneur Suédois qui en plus d'encadrer l'équipe première formera Lionel avec sa méthode, les choix des exercices, des tactiques, le savoir faire, la psychologie. Hans a réussi à transformer l'équipe, l'équipe a réussi à se transcender malgré les joueurs manquants pour cause de blessures. Il a remis en place un jeu collectif. On attendra la même chose du suivant.

Marc rêve d'avoir une équipe qui 'pratiquera un hockey Montpelliérain'. Il a envie que notre hockey soit un hockey qui chante, un hockey à la peau hâlée, un hockey aux accents du sud', bref un hockey qui nous ressemble.

Pour Marc, Lionel sera à terme l'entraîneur des Vipers. Il a un vécu de joueur toujours à haut niveau, il a toujours eu un côté collectif, il a l'amour de l'équipe et mouille le maillot. Cela prendra du temps et ce temps là il le passera en jouant avec les Vipers.

Nous demandons alors à Marc pourquoi ne pas avoir conservé Hans. Il nous explique que le problème de son départ est surtout financier. Il y a une enveloppe budgétaire déterminée pour ce poste qu'il ne faut pas dépasser. Il faut garder la logique économique en tête.

Quel est le profil de ce nouvel entraîneur ? C’est quelqu'un ayant un long passé dans le milieu du hockey et qui a une grande expérience. Il aura la même vision que H Baumann au niveau technique et physique et la démarche vis à vis de Lionel l'intéresse. Nous demandons aussi pourquoi ne pas choisir un entraîneur français. Marc nous explique que les prétentions salariales demandées dépassent largement ce qui est prévu et que le club ne pourrait, dans ce cas, avoir qu'un seul entraîneur pour tous les licenciés. Solution très hasardeuse car une équipe première a une autre logique que la formation et le loisir qui fait la part belle au long terme. Que ferait on de notre super entraîneur de tout le Club si les résultats de la première équipe ne suivaient pas. ??

Nous parlons aussi de l'entraînement mineur et des problèmes à résoudre. Marc reconnaît que l'année a été difficile. La participation des joueurs n'a pas été évidente et pas simplement pour les difficultés de langue. Ces soucis devront être résolus par le groupe de travail.

Nous demandons maintenant le programme pour les mois à venir. La saison vient de s’achever, mais quand recommence le travail de l’équipe ? En fait les entraînements commencent fin mai pour tous les joueurs même s’ils ne sont pas dans le club. Cela commence par des programmes de musculation et d’endurance. Le mois de juillet est un mois de repos et les choses sérieuses débutent vers le 9-10 août par des entraînements très intensifs. Les joueurs sont donc exténués quand ils arrivent au premier match. Marc nous explique qu’il ne faut pas juger de l’équipe sur le 1 er match. L’équipe monte en puissance au cours de la saison. Il faut être prêt d’un point de vue tactique même si le physique n’est pas au top. Mais le plus important c’est que la préparation doit être faite sur la glace. Il faut du rythme et de l’intensité, ce que, reconnaît Marc n’avait peut être pas été fait précédemment. Mr Baumann l’a fait quand il est arrivé et cela a coûté cher au début car les joueurs ont ‘craché leurs poumons’ et ne comprenaient pas tout de la tactique. Mais au final, même avec les blessés, l’équipe s’est dépassée.

Pour finir nous demandons les contours de la nouvelle équipe. Marc veut bien nous en parler mais ne peut visiblement tout nous dire pour des raisons de négociations en cours.

Comme annoncé sur le site, Kim et Dennis ont re-signé. Lionel reste lui aussi puisqu’il doit devenir à terme l’entraîneur des Vipers. Martin Forslund se pose la question. Il hésite entre continuer ici ou reprendre ses études de kiné dans son pays. Quoi qu’il se passe Fabrice Agnel reste. Si Martin part, un autre gardien viendra le remplacer car cela crée un challenge entre les 2. Marc voudrait un gardien avec une grande expérience et solide dans sa tête. Fabrice relèvera le défit et s’en bonifiera d’autant. Après l’entraîneur fera le choix en fonction du match et de l’état d’esprit de chacun.

Au niveau des défenseurs, Benjamin Hammargren nous quitte pour Copenhague afin de retrouver son univers professionnel qu’est la finance. Simon est parti en cours d’année et ne reviendra pas. Donc deux nouveaux défenseurs vont arriver et peut être un ou deux défenseurs français cumulant vie professionnelle plus hockey.

Au niveau des attaquants, Matthew Froelich est sur le départ. Il a eu de mauvais passages dont il n’est pas satisfait. Pour Zdenek Sikl, cela dépendra aussi de l’équipe, le groupe doit y réfléchir, mais aussi l’entraîneur. Deux nouveaux attaquants devraient arriver. Marc souhaite des jeunes rapides car il aime voir les attaquants fuser sur la glace. Il nous explique que l’expérience doit être derrière et que devant il faut des fonceurs.

Il y aura aussi des jeunes sur la glace, Romain Cerneau et les autres. Ces jeunes boosteront les plus anciens et cela leur donnera aussi la possibilité de progresser au contact des plus aguerris. Beaucoup de joueurs Français souhaitent maintenant rejoindre les Vipers et s’engager dans la voie tracée par ceux qui forment le noyau de l’équipe.

Marc souhaite avoir un groupe d’au moins 4 lignes pour pouvoir faire face aux blessures avec sérénité et ne pas se retrouver dans la même situation que la saison écoulée où l’on était obligé de tirer beaucoup sur les joueurs restants pour pallier les blessés.

Il nous dit que le prochain championnat va être très difficile nous évoquant même une ‘poule de la mort’.

Son ultime but est d’avoir une équipe qui fait plaisir à Végapolis pour que les spectateurs se régalent et ce même si l’équipe perd. Les spectateurs se régalent si les matchs sont beaux, intenses et avec un suspense énorme.

Il sait que le public est motivé, il en a eu la preuve cette saison quand l’équipe était dans une mauvaise passe car ils étaient toujours là pour remplir Végapolis.

Ayant fait le tour des principales questions concernant le club et pour terminer cette interview, nous nous devions de lui poser l’ultime question. Marc Fornaguera, aimez-vous les tomates ? Il nous a répondu avec son accent du sud. Mais voyons, je suis du sud et pour les gens du sud c’est l’aliment de base. Alors oui j’aime les tomates, mais farcies…sourire.

Merci Marc pour cet éclairage sur le club. Nous avons vu la passion que vous portez à votre tâche et au développement du hockey dans notre région. Cette passion nous a coûté 2 dictaphones, 25 crayons, 12 gommes, 25 ramettes de papier tant vous êtes intarissable dès que l’on parle du hockey. Merci pour cette belle saison riche en évènements et en rebondissements. Nous espérons que la saison prochaine verra encore de nombreux exploits de notre club dans toutes les catégories auquel il participe.

Claudine & Christophe

 

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