(Interview du 18 avril 2006) :




Fiche joueur sur le site de Rouen 

 

Taille : 1m80

Poids : 80 kgs

Jeu : Gaucher

 

Nous avons eu un bilan du club et de la saison par notre Président Marc Fornaguera, nous avons voulu avoir un autre éclairage sur la saison écoulée par le capitaine de l’équipe Lionel Bilbao. Rendez vous fut donc donné devant ce lieu qui tend à devenir notre résidence secondaire, Végapolis.

Vous êtes maintenant habitués aux interview donc je ne vous surprendrai pas en commençant par les présentations.

Le petit Lionel (oui il a été petit) est né le 16 janvier 1973 à Bayonne. Pour les férus de géographie, Bayonne est située à 8 kilomètres de Biarritz et de l’océan Atlantique et Anglet est entre les 2 à égale distance. On aurait pu penser, connaissant la région, qu’il était prédisposé à faire du rugby, mais la nature nous a fait une surprise, son papa était directeur de patinoire. Cela l’a plus mené vers le patinage et le hockey.

Il a commencé l’école de glace à 3 ans et le hockey sur glace à 4 ans. Il a tâté un peu de foot, de rugby à Anglet Olympique jusqu’en minime et après le hockey a pris le dessus. Il est entré en sport-étude hockey en 4 ème jusqu’en seconde, sont arrivées les premières sélections en équipe nationale de moins de 16 ans. Après il n’y a plus que le hockey qui compte. Le choix du sport a été très vite fait. Les déplacements dans la poule correspondant à Anglet étant toujours assez lointains (Bordeaux, Poitiers, Limoges, Brive…), les week-ends ne pouvaient être occupés à autre chose puisqu’il était absent du samedi matin au dimanche soir.

Lionel a joué en Junior au canada juste après le bac. Il est rentré en 1993 pour les championnats du monde 20 ans à Lillehammer.

Il est parti une saison jouer pour les Flammes Bleues de Reims en 1994. Il est ensuite revenu à Anglet bien que Reims voulait absolument le garder dans ses effectifs. Son père lui avait mis la pression parce qu’il avait pour lui une opportunité de rentrer à la municipalité d’Anglet au service des sports à l’age de 22 ans. Son père l’a convaincu et avec le recul il trouve cela très bien, car il a pu se mettre en disponibilité en 2001 pour jouer pro pendant 4 ans (c’est un des avantages de la fonction publique). Il a pu cumuler le sport de haut niveau avec une reconversion très jeune vers la vie active.

Nous faisons une parenthèse à ce niveau en parlant du versant professionnel du hockey français. Lionel nous dit que des personnes arrivent à vivre de leur passion mais que professionnel veut plutôt dire disponibilité à 100 % sans le salaire correspondant. En Magnus (Elite), il nous explique qu’il y a 6 ou 7 clubs 100 % professionnels (pas simplement les joueurs mais aussi l’entraîneur, le chef matériel, le secrétariat, le volet commercial…). En dehors de ces clubs, il faut avoir une activité annexe et cela est possible tant qu’il n’y a qu’un match par semaine. Au-delà cela deviendrait beaucoup plus difficile. Il espère que tout cela changera avec l’arrivée prochaine de la nouvelle fédération.

Pour revenir à sa carrière, il a joué en pro à Mulhouse avec les Scorpions pendant 4 saisons où il avait un contrat jusqu’en avril 2006. Il est arrivé dans ce club quand celui-ci est monté en Elite (en 2001). Mulhouse a mis 4 ans pour décrocher le titre, le premier titre de champion de France de Lionel. C’était le but qu’il s’était fixé. Une fois ce but atteint, il lui fallait un nouveau challenge. Il s’est donc désengagé très tôt de l’équipe. Sa décision était prise avant que les problèmes du club apparaissent au grand jour. Le titre était acquis le 5 avril et Lionel a pris sa décision de quitter le club le 10. Rien ne laissait présager du problème du club, l’équipe ne savait pas qu’il y avait des problèmes financiers puisqu’ils étaient payés normalement. Cette décision a été prise sans savoir qu’il venait à Montpellier. Avec le recul, il se dit qu’il a fait le bon choix vu le problème du club. Et puis il commençait aussi à envisager l’avenir, à 32 ans faire du hockey c’est bien, mais il faut aussi penser à se reconvertir.

Il ne voulait pas rester en Elite bien qu’il ait eu plusieurs propositions. Partir en étant champion de France pour jouer les 6 ème, 7 ème positions ne l’intéressait pas. Il a cherché un club de D1 ambitieux. Il s’est renseigné sur plusieurs clubs. Non ce n’est pas le soleil de Montpellier qui l’a attiré. Il a cherché des informations concernant la vie des clubs, leur gestion, l’encadrement auprès des joueurs et des membres de ces clubs. Il a eu de très bons échos de Montpellier. Cela l’a décidé d’autant qu’il se rapprochait tout de même de sa région natale. Le gros deal c’était aussi de retrouver son emploi par mutation de son poste municipal d’Anglet à Montpellier.

Lionel est passé à Montpellier fin avril 2005. Il a profité du fait qu’il allait fêter son titre à Anglet pour faire escale dans notre ville. Le contact direct avec les gens est un élément important dans son choix. Il aime discuter pour savoir s’ils ont la même approche que lui. Il a eu un très bon feeling avec Marc Fornaguera, Tony Foppolo et Pascal Ryser. Il est venu finaliser cela courant mai et l’aventure avec les Vipers a commencé.

On n’a pas choisi le mot aventure au hasard. Lionel nous confie que l’aventure D1 de cette année a été rocambolesque (c’est son terme). Depuis qu’il a commencé sa carrière de hockeyeur il y a 16 ans, il n’avait jamais vu autant de rebondissements que ce qu’il a vu en un an à Montpellier (les joueurs blessés dès le départ, les joueurs ou l’entraîneur qui partent en cours de saison, les mouvements à l’intérieur du club…). Il nous a avoué qu’il n’y avait pas de raison d’être serein et que la qualification au premier tour dans ces conditions a tenu du miracle (non je n’exagère pas, ce sont ses mots).

Au final, l'objectif du club a été atteint, la montée sur le podium a montré qu'il y avait du talent. Il y avait beaucoup de choses dans l'équipe pour faire mieux, il a donc un peu de regrets car l'équipe aurait facilement pu finir 2 ème voir 1 ère. Elle a fini 3 ème avec un effectif largement diminué, cela n'a donc pas été facile, cela forge le caractère, c'est un mal pour un bien, mais c'est une leçon à retenir pour l'avenir.

Il apprécie le groupe, il n'y a pas de soucis de personnalité, pas vraiment de problème entre les joueurs. Les mésaventures ont un peu déstabilisé l'équipe, ils n'étaient pas vraiment sereins, mais le groupe reste solide.

Lionel pense que ce n'est pas possible que la prochaine saison apporte autant de soucis que celle qui vient de s'écouler. Lui-même a été immobilisé 6 semaines à cause de sa blessure au dos. Il nous avoue que médicalement il n'avait pas encore le droit de jouer (une apophyse n'étant pas encore consolidée (http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/apophyse-epineuse-550.html).

Qu'a pensé Lionel de la venue de Hans Baumann ? De notre petit coté de la lorgnette, on se disait en voyant les premiers entraînements qu'il était entrain de tuer nos joueurs tellement il les faisait se donner. Pour lui, ce sont des entraînements tout à fait normaux, il a toujours connu ce type d'entraînement, il n'y a rien d'extraordinaire même si cela a, au départ surpris certains joueurs voir des gens du club. Il trouve que sa venue a été bénéfique et que certainement la 3 ème place est due en grande partie à son travail. Il reconnaît qu'au départ cela a été dur car on ne change pas tout en 2 ou 3 semaines. Il y a eu une progression qui a payé à la fin. C'est dommage que cela soit arrivé un peu tard dans la saison. On sent encore des regrets, mais il faut se dire que ce n'est que la 2 ème saison en D1 et que l'on ne peut tout avoir d'un coup. Il faut se rappeler qu'il y a 4 ans le club n'était encore qu'en D3. Il faut donc que les gens relativisent un peu même si on prend goût à la victoire.

A priori, Lionel va rester capitaine et comme Marc l'a laissé entendre dans son interview, Lionel pourrait devenir à terme entraîneur de l'équipe première. Comment cela va-t'il se passer? Lionel n'avait pas vraiment de perspective dans le hockey après sa carrière de joueur. Du fait du départ de P. Ryser et comme il était blessé, il a pris en charge les entraînements avant que Hasse n'arrive. Les joueurs ayant apprécié l'intérim et lui-même ayant apprécié ce rôle, ils ont discuté de cela avec Marc. Ils en ont déduit que cela pourrait être intéressant pour Lionel de prendre en charge l'équipe première tout en sachant qu'il est encore un peu jeune pour débuter ce métier (il reconnaît manquer d'expérience le domaine du coaching). Il se donne 1 voir 2 ans pour se former. ' C'est un nouveau challenge.' Il y aura donc un entraîneur du même calibre que Hasse, avec beaucoup d'expérience tant tactique que physique. Lionel s'investira dans le rôle d'assistant entraîneur. Cela fait partie de la négociation avec celui-ci. Il dirigera et partagera son expérience avec Lionel : ce n'est pas simplement de la technique de hockey, il faut aussi savoir gérer un groupe, organiser, planifier, gérer le mental des joueurs et cela en continuant à jouer. Cela demandera à Lionel d'avoir un peu plus de recul par rapport au 'simple' comportement de joueur parce qu'à terme, si tout se passe bien, ses actuels co-équipiers deviendront ‘ses’ joueurs. Il va travailler cela dès la saison prochaine. Lionel est passionné par ce nouveau challenge. Il pense avoir les compétences, mais pense que l'expérience, il l'apprendra sur le terrain.

Justement en tant qu'assistant entraîneur, parlons de la nouvelle équipe. La nouvelle équipe sera étoffée à 4 lignes car jouer à 2 lignes 1/2 comme cela a été plusieurs fois le cas la saison passée c'est trop épuisant physiquement. Avoir 4 lignes permettra aussi d'avoir de la concurrence, de l'émulation entre les joueurs ainsi qu'une profondeur de banc que l'équipe n'avait pas cette saison. Au niveau du recrutement, le palmarès sportif ne sera pas le seul critère de choix des arrivants, il faudra aussi voir la personnalité du joueur. Car comme tout sport collectif, ils passent beaucoup de temps ensemble et il faut une bonne entente pour que cela se passe bien sur la glace.

Que pense Lionel du mélange des différentes cultures de hockey au sein des équipes françaises ? C'est un peu l'originalité du hockey d'avoir de nombreuses nationalités dans une même équipe. En France il y a énormément d'étrangers, peut être un peu trop car pour la formation des jeunes, ce n'est pas évident du fait de la langue. C'est vrai qu'en tant que Président de club l'approche est différente. Il y a les contraintes financières qui font que l'on va chercher un joueur acceptant de jouer pour moins cher. Le résultat c'est qu'il y a une bonne dizaine de joueurs étrangers par club français. C'est très difficile pour les joueurs ne parlant pas anglais. Pour la cohésion du groupe c'est aussi un problème car même si on arrive grosso-modo à se comprendre, on ne peut pas aller au fond des choses par manque de vocabulaire. Cela peut être un obstacle à une totale complicité des joueurs. De plus ces joueurs changent beaucoup de clubs freinant d'autant plus la formation d'une amitié solide au sein de l'équipe.

Un autre type de problème concernant les joueurs étrangers est leur compréhension de l'arbitrage français. Ce n'est pas évident, par exemple, pour un joueur ayant le style nord américain plus physique de rentrer dans le cadre arbitral français. Ils mettent un peu de temps à s'habituer. D'ailleurs Lionel connaît quelques joueurs nord américains ayant passé pas mal de temps sur les bancs de pénalité pour cette raison. Certaines fois ce n'est pas facile même pour les joueurs français car certains arbitres sont 'un peu légers'. Par exemple Lionel trouve absurde de se retrouver sur la touche pour des 'fautes vestimentaires', comme le maillot dans la culotte, la jugulaire pas assez serrée... C’est malheureusement stupide, mais cela peut pénaliser l'équipe. Si on pouvait se passer de ce type de faute, cela serait très bien.

Quels sont les objectifs pour l'année prochaine ? Mieux que 3 ème... Cela ne laisse pas beaucoup de choix, cela va donc être le titre, la montée. Cela va être difficile car la concurrence s'annonce rude : Dunkerque, Neuilly, Gap et Tours surtout. Tours sera la grosse équipe et il y aura peut-être un ou deux outsiders de derrière les fagots. Il faudra se faire une place parmi ce beau monde. Lionel pense que le club construit une équipe qui aura très belle allure et qui va jouer le haut du tableau. Elle aura la capacité collective. Le noyau qui reste de l'équipe de cette année est très important pour cela. Ce n'est pas d'un coup de baguette magique que l'on fait une bonne équipe. Il faut une base solide. L'entraîneur sera là dès le départ pour booster l'équipe dès août, donc beaucoup plus tôt que l'année dernière. Il y aura une moins grosse coupure cet été entre la préparation physique et la présence sur la glace. Il y aura de la maturité, de la jeunesse et un bon état d'esprit. Peut-être sur certains postes il y aura un peu moins de talent, mais par contre il y aura beaucoup plus de mordant, d'esprit d'équipe et d'envie de mouiller le maillot. Il n'est pas besoin d'avoir 10 ou 15 stars pour avoir une bonne équipe.

Y a t il des matchs prévus avant la reprise du championnat ? C'est entrain de se discuter, mais cela ne sera pas sous la forme d'un tournois. Il y aura sûrement des équipes de ligue Magnus au mois d'août à Montpellier. L'équipe est elle-même invitée à des matchs amicaux. C'est une belle reconnaissance du travail accompli. Tout cela va être discuté en fonction des disponibilités.

Parlons un peu maintenant de la ville et des supporters. Lionel trouve la ville très sympa. Il y était passé juste une fois en WE quand il était jeune. Bien sûr, il avait entendu parler de la ville : ville étudiante, dynamique située dans une belle région. Il trouve la ville agréable à vivre. Pour son amie qui vient de Mulhouse c'est un gros changement de vie, mais elle aussi apprécie la qualité de vie du sud bien qu'elle retourne souvent chez elle (c'est difficile de déraciner une Alsacienne). Le seul reproche qu'a fait Lionel concerne l'absence de vraies vagues sur la Méditerranée. Pensez, Lionel est obligé de retourner à Biarritz pour avoir sa dose d'océan.

Lionel a été énormément surpris par le public de Montpellier. Même en Elite des clubs ont beaucoup moins de spectateurs. Il pensait qu'avec tous les sports pratiqués à Montpellier, le hockey ne pouvait atteindre cette audience. Il est très heureux de voir le public apprécier le spectacle. Il a aussi été surpris par l'ambiance et tout ce qui se passe autours : le show, les Vippy's, le DJ... Pour un joueur, c'est prenant, cela leur donne de bonnes vibrations. L'émotion avec le public est importante. Lionel pense que si l'équipe peut donner de beaux matchs et des victoires, c'est un bonus pour tout le monde, y compris l'équipe.

Que pense Lionel de la nouvelle fédération ? Cela sera un gros plus pour le hockey français car enfin il sera géré par des gens 100% hockey. C'est important pour l'avenir. Il pense que d'ici 5 ans ce sera un des 4 premiers sports de salle en France. Jusqu'à présent ce n'était pas vendeur car le championnat n'était pas crédible, des clubs déposaient le bilan chaque année (le champion et le vice champion sont passés à la trappe de cette façon). C'était difficile de vendre cela. Maintenant la fédération va être là avec une commission de gestion qui va gérer tous les clubs. Cela va rendre ce sport beaucoup plus sain. Cela générera des sponsors, mais cela sera un travail de longue haleine.

Après tout le côté professionnel, nous interrogeons Lionel sur la pratique du hockey loisir. Il trouve cela fantastique. Il nous parle d'Anglet où il existe 'Les vieilles crosses', mais c'est un peu différent car ce sont d'anciens joueurs pros (joueurs de 35 à 5 ans) qui font tous les 2 ans une tournée au canada ainsi que de gros tournois. Il a découvert les loisirs à Mulhouse et est monté sur la glace quelquefois avec eux. Il trouve super d'avoir une passion qu'on peut avoir découvert tard et de s'y mettre avec beaucoup de ferveur à des heures pas possibles. Il a beaucoup de respect pour cette approche. Cette année il n'a pas vraiment eu l'occasion de venir voir, mais il espère pouvoir le faire l'année prochaine et partager un peu de glace avec les loisirs (dis Lionel, tu viens dans ma ligne ?). Il pense que c'est bien d'avoir des structures de ce type, car arriver dans un club directement dans des classes d'âge un peu élevées n'est pas possible tant le niveau sera différent avec ceux ayant commencé tôt. Tout le monde doit pouvoir se faire plaisir, c'est le plus important. A notre grande surprise, Lionel est au courant du tournois loisir de Valence. Il nous dit que c'est bien de participer à ce type de manifestation pour partager des moments de plaisir. A quand un championnat de France loisir ?

Pour conclure, Lionel trouve que la saison a été bonne mais il a aussi des regrets. Il revient sur le respect des engagements, du respect des autres joueurs, du club, du maillot. Un manque à ces niveaux le met hors de lui. Il a aussi été très content de pouvoir garder le maillot de la saison écoulée. C'était la première fois que cela se faisait à Montpellier.

Enfin et pour ne pas manquer à notre devoir, Lionel aime les tomates farcies et à la mozzarella.

 

 


Le mot de Lionel aux supporters :


Je remercie les supporters pour leur soutien durant cette saison. J'ai été agréablement surpris par l'ambiance et la ferveur des gens lors des matchs. J'espère que l'on aura procuré du plaisir à ce public fantastique et je donne rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures sous le maillot des Vipers.

sportivement

Lionel Bilbao

 


Nous remercions Lionel pour ce sympathique moment passé en sa compagnie et lui disons à bientôt pour de nouvelles ‘aventures’ qui nous l’espérons seront plus sereines que la saison passée.

Claudine & Christophe

 

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